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Mécanographie
Bienvenue dans le monde de la mécanographie et de la carte perforée comme support de l'information.
Utilité de la mécanographie
Dans les années 1950, la mécanographie à cartes perforées, ou traitement de l'information à l'aide de machines électromécaniques à partir de données saisies sur cartes perforées, est utilisée essentiellement pour des applications de statistiques, de comptabilité et de gestion. L'automatisation des travaux de bureau a trouvé une solution très efficace et très rentable dans les matériels à cartes perforées. Il s'agit d'une gamme de machines juxtaposées dans un même atelier ; tout en fonctionnant de façon indépendante (sauf quelques exceptions de machines connectées dont nous parlerons).
Elles présentent la particularité :
- D'utiliser un document de base unique, la carte perforée établie une fois pour toutes et soigneusement vérifiée, puis utilisable autant de fois qu'on veut. C'est la mémoire permanente des données d'information et compréhensible par la machine.
- D'employer ensuite des procédés purement automatiques pour effectuer toutes les opérations de base à partir de ce document unique, et résoudre ainsi tous les problèmes types.
- D'obtenir, selon les machines et les travaux à réaliser :
- L'organisation des fichiers pour traitement ultérieur.
- L'ajout d'un résultat de calcul intermédiaire en préparation du traitement final.
- Une sortie définitive imprimée (bulletin de salaire, fiches de stocks, ...).
- La création d'une carte récapitulative reflétant une situation donnée, afin de préparer un nouveau cycle d'exploitation (journalier, hebdomadaire, mensuel, ...).
Les étapes et les métiers de la mécanographie à cartes perforées
Pour une application donnée, le processus se décompose en plusieurs étapes successives : Comme toutes les études conduisant à l'automatisation des tâches administratives par des machines à traiter l'information, il fallait passer par les différentes étapes conduisant à la réalisation d'un processus mécanographique :
- L'étude préalable du problème en relation avec les utilisateurs.
- L'analyse fonctionnelle avec notamment les flux d'informations (les services administratifs concernés, le dessin des cartes perforées, le dessin des imprimés).
- L'analyse détaillée avec l'enchaînement des tâches propres à l'application, en d'autres termes la répartition des traitements sur les différentes machines.
- La réalisation technique, c'est-à-dire la programmation proprement dite, mise en œuvre des fonctions des machines par câblage externe des tableaux de connexions amovibles. La programmation était réalisée via un document pré-imprimé reflétant exactement l'emplacement des plots de contacts de la machine (un tableau différent pour chaque machine puisque les fonctions n'étaient pas identiques). Une fois le programme réalisé sur papier, le programmeur procédait au « piquage » (état du tableau suivi de la mise au point sur la machine à l'aide d'un jeu d'essai). Ce jeu d'essai était exécuté systématiquement par l'opérateur avant chaque traitement : les résultats devaient correspondre exactement au jeu d'essai, cela prouvait que les composants de la machine répondaient correctement sinon l'opérateur faisait appel au SEC (Service Entretien Client).
Les données à traiter parviennent à l'atelier de saisie de données sous la forme de bordereaux transmis par les différents services de l'entreprise. Les informations sont perforées sur des cartes et vérifiées par des opératrices (généralement du personnel féminin). Les machines utilisées pour la saisie et la vérification des données étaient appelées « Perforatrices » et « Vérificatrices ». La vérification consistait à contrôler que les deux opératrices avaient interprété et saisi d'une façon identique la même information manuscrite. Les cartes, perforées et vérifiées, sont rangées dans des « bacs de cartes » dans l'ordre dans lequel elles ont été traitées.
Ces cartes sont acheminées ensuite vers l'atelier mécanographique. Les cartes issues de l'atelier de perforation sont prises en charge par soit, directement un Opérateur pour les petites structures, un Préparateur pour les structures d'une certaine importance. Généralement, le(s) Préparateur(s) était responsable du bon déroulement de l'application, représentait l'interface entre l'atelier mécanographique et les services de l'entreprise, distribuait le travail aux opérateurs, dans ce cas les opérateurs étaient spécialisés sur une machine donnée, ce qui n'excluait pas la polyvalence. Pour les petites structures, l'opérateur assumait l'ensemble de ces tâches. L'opérateur préparait les machines : montage du bon tableau de connexions, vérification du bon fonctionnement de la machine en passant le jeu d'essai et en vérifiant les résultats. Il alimentait les machines en cartes et en papier pour l'imprimante de la tabulatrice. Pour les structures importantes, l'atelier de saisie de données était placé sous la responsabilité d'une Monitrice alors que l'atelier de traitement (ou d'exploitation) était placé sous la responsabilité d'un Chef d'atelier, l'ensemble étant coiffé par un chef de Service. Les différentes machines électromécaniques qui assurent les fonctions spécialisées sont détaillées au menu « Les machines ». Des techniciens de maintenance, appartenant au « Service Entretien Client » de la Compagnie des Machines Bull, assuraient l'installation, les dépannages et les entretiens des machines de l'atelier, selon des gammes d'opérations planifiées (hebdomadaire, mensuelle, trimestrielle, semestrielle ou annuelle). Un calibre appelé « grille de contrôle » permet de vérifier le réglage du centrage des perforations sur l'axe de chacune des 80 colonnes de la carte.
Fonctionnement de la mécanographie
Vidéos
Voir aussi le reportage audio : Préhistoire de l'informatique (site de Cécile Babiole)